IncontournablePhoto par Alainauzas sur Wikimedia Commons
Scuola di San Giorgio degli Schiavoni
Le siège d'une petite confrérie dalmate dont le rez-de-chaussée abrite le cycle complet de Carpaccio sur saint Georges, saint Jérôme et saint Tryphon, toujours dans sa pièce d'origine.
Vous êtes devant un bâtiment bas et sans apprêt, sur la Calle dei Furlani, facile à manquer quand on ne sait pas ce qui se cache derrière la porte. C'était la maison des Schiavoni, ces marins et artisans dalmates installés à Venise, dont la confrérie fut approuvée en 1451. Entrez : la salle du rez-de-chaussée est entourée de neuf toiles de Vittore Carpaccio, peintes entre 1502 et 1507 et toujours dans la pièce pour laquelle elles ont été faites. Les bancs sont en bois sombre, la lumière tombe par de petites fenêtres, et les tableaux pendent assez près pour qu'on étudie une couture sur une manche.
Regardez saint Augustin dans son cabinet, saisi à l'instant où une voix interrompt son écriture, ou saint Georges enfonçant sa lance dans un dragon sur un champ jonché d'ossements. Carpaccio a rempli ces scènes de la matière réelle de la Venise du début du seizième siècle : des chiens, des armures, des étoffes importées, un aperçu de la lagune. La confrérie a survécu à la République et possède encore ce bâtiment aujourd'hui.






